Management Academy

Ce que le coronavirus et l'Afrique apprennent à l'entreprise.

Par le 15 Mars 2020

Management Academy - Article du blog

Le Covid-19 nous oblige, frontalement, au changement. Le monde – et le monde de l’entreprise de facto – va devoir apprendre à vivre avec cette épidémie pendant des semaines, voire des mois.

Au-delà de la catastrophe sanitaire, ce game-changer aura, je l’espère, au moins un effet positif : nous obliger à faire évoluer immédiatement et durablement nos comportements.

Et je ne peux m’empêcher de faire ici un parallélisme entre les enseignements que nous pourrions tirer de la crise et les préceptes de la sagesse africaine.

  1. Ubuntu : je suis parce que nous sommes.

    Dans un article parut début mars, le Docteur Philippe DeVos (BE), concluait ainsi : « Je demande à chacun de réfléchir à la responsabilité qu'il veut porter : le danger n'est pas au niveau de l'individu, il est collectif. Par contre le gros de la solution n'est pas collective, elle est individuelle. » La philosophie Ubuntu portée par Nelson Mandela ne dit rien d’autre que cela « je suis parce que nous sommes ». L’Ubuntu met en exergue la notion d’interdépendance, l’implication collective et mutuelle envers les autres individus et envers la structure, l'état. L’Ubuntu permet de garder à l’esprit que le bien commun passe par l’engagement, sur le long terme, de chacun envers tous.

  2. Polé-Polé ! L’art de ralentir.

Toute situation de changement impliquant un retard sur ce qui était initialement prévu peut avoir un impact sur les émotions (angoisses, colère, incompréhension…) et cela engendre du stress. Polé-polé (l’équivalent swahili de piano-piano : lentement) nous apprend l’art d’être patient sans s’énerver. Une invitation à élargir notre notion du temps, de prendre du recul quant à notre rapport relativement anxiogène face à l’horloge et aux deadlines. Le slow-management permet une alternative au « toujours plus, toujours plus vite » et à une certaine forme de mondialisation. Polé-polé cherche à intégrer d’autres facteurs de performance que le seul profit financier.

  1. Article 15 : la débrouille.

    Avez-vous déjà vu ces petites fleurs qui poussent entre deux pavés, dans la pollution ou à même la roche ? Même dans des milieux hostiles, la nature reprend ses droits. L’homme a la même faculté d’adaptation, quand il est plongé dans une situation chaotique. Dans une phase où tout est remis à plat, le mot d’ordre est « adaptation ». Une fois passé la zone de stress, l’homme est capable de trouver des ressources et des solutions astucieuses, originales, voire incroyables pour assurer sa survie.

Au Congo-Kinshasa, cet art de la débrouille s’appelle l’Article 15. L’Article 15 (qui, dans la constitution du Katanga séparatiste spécifiait « débrouillez-vous ») voit, dans le manque de moyens, une formidable opportunité pour développer 4 compétences clés au sein de l’entreprise agile : l’autonomie, la coopération, la suppression du superflu et l’innovation.

On voit à présent des restaurants qui se transforment en service traiteur, davantage de télétravail et de call-conférence, des formations en blended-learning, la suppression des réunions… On se réinvente en fonction des événements !

  1. Hakuna Matata : croire en la finalité positive des choses.

Un des deux préceptes d’Hakuna Matata, c’est de considérer avec sérénité que tout événement, même fâcheux, prendra une issue favorable. Hakuna Matata, c’est programmer son cerveau non pas à envisager le pire, mais le meilleur ; le programmer à se mettre en recherche active de solutions créatives. Hakuna Matata, c’est apprendre à relativiser (dédramatiser) et à lâcher prise pour se concentrer uniquement les actions qui sont en notre pouvoir. C’est la fameuse prière de la sérénité : « accepter les choses qui ne peuvent pas être changées, avoir le courage de changer celles qui devraient l’être et avoir la sagesse de distinguer l’une de l’autre. »

Alors, comme le concluait Gaël Chatelain-Berry, conférencier, dans son dernier article, « Et bien cette épidémie, j’en suis convaincu(e), c’est à la fois un avertissement et un accélérateur de prise de conscience. ».

Attention : ralentir, voire suspendre, l’activité économique, se confiner, selon la situation professionnelle et couverture sociale de chacun, cela revient aussi à accepter, de manière abrupte et donc parfois difficile, que l’on va, temporairement, parfois, s’appauvrir et souffrir. Entre égoïsme, peur, irrationalité et instinct de survie, de nouvelles solidarités vont devoir être recréées. L’importance du lien social, le vrai, pas celui des réseaux en ligne, va alors être capital.

La détresse sanitaire et psychologique n’aura alors pour seul salut que l’autre loi de la jungle : celle de l’entraide !

MoocUp suggérés

L'esprit d'entreprendre

Vous avez une idée ou un projet ? Vous hésitez à le concrétiser ? Vous cherchez de l'inspiration pour avancer avec confiance ?

Regarder le MoocUp
Initiation au Business Model Canvas

Initiation au Business Model Canvas

Le Business Model Canvas est un outil pour dresser un état des lieux du modèle économique d'une entreprise. Pour un projet de création d'entreprise, il est ...

Regarder le MoocUp

Réussir un événement

Ce webinaire est consacré à la communication événementielle, qui est un outil de communication interne ou externe utilisée par une entreprise dans le but d...

Regarder le MoocUp
Management Academy

Restez informé